jeudi 2 mars 2017

L'Aventureux Jerry Khan-Descence | Episode 2 : La Rencontre

Découvrez ici la suite des aventures de Jerry Khan-Descence, que vous avez pu découvrir dans le numéro 1 ! 
Et si vous ne l'avez point lu, rendez-vous dans l'onglet "Fioulzines" de ce blog !

Préambule : Aux dernières nouvelles, Psylvia La Fée Payèche, mettait un gros bocson intergalactique dans son propre monde avant de s’évader pour finir sur le sol de la Terre. Le dernier mot du premier épisode fut « Extermination ». Avant de rattraper l’Histoire du Jerry khan Descence, Psylvia est tout d’abord une enragée. Prise entre-deux feux de ses deux mondes, elle vit à contre-courant dans sa dualité de fée semi-humaine. Hargneuse et sentimentale, qui aurait cru que nos anges gardiens puissent être aussi bipolaires ? L’O.F.U , l’Organisation des Fées Unies la recherche activement. Un contrat pour sa capture est même mis en place pour cause de haute trahison et de divulgation de secrets intergalactiques. Autrement dit, Psylvia est dans une course contre la montre entre le fait qu’elle soit à la recherche du dernier héros de notre ère avant ses comparses, et qu’elle doit se sauver les miches de ses compatriotes agressives. Au moment du deuxième épisode de l’Aventureux Jerry Khan-Descence, Psylvia est à l’Aube de sa quête...   


Les mois passèrent depuis le crash de Psylvia sur Terre. Survivante d’un accident intergalactique qui n’a pas laissé indifférent tous les spécialistes de la NASA, NSA et services secrets mondiaux, qui, pour leurs recherches, ont créé une unité spéciale anti-intrusion extra-terrestre. 

Psylvia, qui pensait que sa mission serait une partie de plaisir, comme une partie de girouette, réglée en deux temps trois mouvements quatre claquements de doigts, s’est vu traverser milles et une péripétie. Un an plus tard, en cette fin de mois de septembrion, après avoir survécus aux pesticides et autres chemtrails, manifestations, attentats, guerres civiles, coups d’État.. Après des mois d’espoirs et de désillusions, elle parvient, enfin, à retrouver l’Élu. 

 ** Quoi? Vous voulez savoir ce qu’elle a vécu ? Je comprends, je comprends, mais tout ceci fera l’objet d’une autre nouvelle ou d’un épisode spécial parce que là, en fait, la nouvelle s’appelle « L’aventureux Jerry Khan Descence » on ne va pas mettre quinze épisodes à y venir, ce n’est pas un roman, ok? Alors faites Payèche ! ** 

Après des recherches poussées au cul du pied levé, de rencontres aussi farfelues que loufoques, plus ou moins dangereusement périlleuses, sa route l’amène jusqu’à Amiens. Drôle de ville pour abriter le dernier héros vivant de la planète. 

A son arrivée, Psylvia se demande où elle a atterrit. La grisaille, la pluie et le froid, la pauvreté sur le visage des autochtones dans une rue d’allocataires même si « les gens sont sympatoches » s’avoue-t-elle. Les bons côtés, à son sens, « la Cathédrales est une bâtisse fabuleuse, les bars de St Leu sont fous, il y a tout ce j’aime, du rhum, du pounch, et le mieux c’est que personne me voit siroter leurs verres ». 

C’est au 66 Rue du Moulin, cœur battant à vive allure, qu’elle s’apprête à le découvrir, à faire sa connaissance, celui qui a donné un sens à son existence, celui dont la naissance fut, juste, pour changer la face du côté pile du monde. 

Elle se l’imagine, même idolâtre l’image qu’elle s’en fait, se repasse ses espoirs intellectuels, physiques... Bref, pour elle, Jerry est forcément « l’homme Parfait ». 

Dans cette rue à sens unique, elle hésite, les mains moites, tremblotante, à franchir le cap ; terrifiée à l’idée de se dévoiler, de se montrer et d’être prise pour un monstre aux yeux de l’Élu. 

Numéro 66, elle y est, enfin. 

 « Ouf ! J’y suis, enfin » se dit-elle devant la porte de l’immeuble. 

Ses yeux s’émerveillent. 

 « Oh il doit être tellement beau, tellement grand, si fort et raffiné...Et moi, je suis si petite et rachitique, sans allure. Oh, mais j’aurais dû prendre une douche au moins ! » s’exclame-t-elle. 

Elle se lèche les mains, les passe sous ses aisselles puis après un crachat elle se recoiffe les cheveux. 

 « Bon ça ira... Mais qu’est-ce que je lui dis ? Hey Salut toi ! Non ridicule. Bonjour Monsieur ! Non trop conventionnel. Hey Salut bel étalon ! Non je suis une fée pas une mente religieuse ! Hey ça Gaz ? Mouais...» se questionne-t-elle. 

Psylvia cherche la bonne approche sans se stresser. Ce qu’elle ne parvient surtout pas à faire. Elle fait les cents vols, se tire les cheveux, se mord les doigts puis tout à coups, elle se décide. 

Elle vole jusqu’à la fenêtre du deuxième étage. Elle jette un œil à l’intérieur de l’appartement. Sombre, avec pour seule luminosité, celle qui émane de la télévision. Le salon, en bordel, des vêtements éparpillés, des sacs poubelles pleins à craquer, des emballages de plats préparés, des boîtes à Pizza vides, des bouteilles d’alcool sur le sol. La table basse, d’apparence sale, contient une pyramide de bouteilles de bières, des cendriers pleins à craquer de mégots de cigarettes avec un joint qui se consume. 

« Mais, mais, mais c’est un taudis, ce n’est pas ici, ce n’est pas possible... Mais il est où, il y a personne » s’interloque-t-elle. 

Elle voit la fenêtre entre ouverte, elle entre dans l’appartement. « Ah mais ça pue le mort ici, ce n’est pas possible, c’est dégueulasse ! » 

La chasse d’eau retentit. Une porte s’ouvre. Tic-Tac Tic-Tac, quelques secondes la séparent de sa rencontre avec l’élu. 

Jerry sort de sa salle de bain en caleçon avec la moitié des fesses visibles. Un marcel, d’origine blanc mais si sale qu’il en est dégoutant plein de crasse, de sauce tomates, de tâches de vin. Il est loin d’être ce que s’imaginait Psylvia, plutôt genre gras du bide à la place de la Grâce, pas très beau, au visage ingrat. Il s’affale dans son canapé et pause ses deux jambes sur sa table basse avec la pyramide de bouteille de bières entre les jambes. Il prend son cendrier et rallume son joint avant de zapper les chaînes du téléviseur avec sa télécommande. 

 « On s’est trompé là. Non non non non, lui, c’est sûr, ce n’est pas l’élu. Ou alors ce n’est pas le bon, lui, ne peut sauver le monde. A la limite... ah non même pas. Même les toilettes valent mieux que ça ! Que suis-je bête, je me suis mise dans de beaux draps, enfin non des draps plutôt cradingue ! » se dit- elle, déçue de sa vision et de ses illusions. 

Quand tout à coup Jerry s’exclama par « Un Pet !!! Non mais c’est quoi ce mec dégueulasse sans aucune éducation » s’exclama la fée Payèche ! 

Après quelques instants de réflexions, d’hésitations et de dégoût, elle finit par se décider à l’interpeller. Elle décide tout d’abord par lui parler au creux de l’oreille, mais elle eut comme réponse un ronflement. Jerry s’est endormi, le joint en bouche. Elle coupe la télévision et tente de le réveiller en tirant ses cheveux, sa barbe mal rasée, en vain. Elle le frappe de coups de pieds et de poings au front mais Jerry, endormi, essaie de la virer comme s’il s’agissait d’une mouche avec sa main battante. Elle finit par trouver l’astuce, en tirant sur sa paupière. Un peu comme si elle tenter de retenir une porte par le haut à bout de bras et se mit à souffler sur son œil. Il se réveilla légèrement et c’est là qu’elle eut l’idée de génie. 

Elle descendit avec dégoût jusqu’au caleçon de Jerry, et lui tira sur ses testicules ! Banco ! Pari gagné ! Il se réveilla sur le champs poussant un cris de douleur. En se levant, il donne un coup dans sa pyramide de bière provoquant casse et boucan d’enfer. Elle finit par se montrer. 

« Oh le nase ! Ça y’est t’es réveillé ? Ou faut te les bouffer pour t’activer ? » Râla-t-elle. 

Jerry croit à une hallucination. Il se frotte les yeux, se met des claques, mais reste sans voix la bouche ouverte, à l’équivalent de Psylvia lorsqu’elle vit celui qui naquit pour être l’élu. 

 « T’es quoi toi ? » demanda-t-il. « Je m’appelle Psylvia, la fée Payèche. » répond-t-elle. « Euh je m’en fou, t’existes pas, je dois halluciner, faut vraiment que je me calme sur la fumette » se dit-il. 

Elle lui jette un coup de poing en plein œil. Il a mal et se tient le visage. 

« Et là gros nase qui pue, je suis une hallucination ? » provoqua-t-elle. 

Quelques instants plus tard, il prend conscience de la réalité de Psylvia. 

« Euh, je peux savoir ce que tu fous chez moi ? Et ce que tu me veux ? » 

 Elle se pose sur la table basse, et lui, se rassoit sans son canapé. 

« Bon, ça va être un choc pour toi, tout comme tu viens d’être un choc pour moi. Mais je viens de faire un voyage intergalactique où je me suis viandée comme une brêle pour te trouver. Tu es le Jerry Khan Descence, le dernier fils des Khan et tu dois ta naissance que pour une seule raison. Sauver le monde et moi je suis ton ange gardien, ta fée, et je suis là pour t’aider à réussir ta mission. » lui expliqua-t-elle. 

 Il se mit tout d’abord à rire, se leva faisant le clown pour se moquer puis réalisa ce qu’elle venait de lui annoncer. Quand tout à coups, il se retourne vers elle, les yeux blanchis. Il tombe dans les pommes. 

« Super ! Il me manquait plus que çà. Ce n’est pas gagné ! Il n’y a que moi pour attirer des boulets pareils ! Oh oh le nase ! » 

Elle le frappe en vain. « Il est mort le con ! Ah non il ronfle, c’est bon signe. Bon bah tant pis, on va attendre. Super ! Je me demande vraiment si je dois me fatiguer pour sauver cette tribu moi. » s’interrogea-t-elle. 

 Elle s’assoit sur la fesse de Jerry, prend le joint, plus grand qu’elle et tira une énorme latte, laissant une fumée opaque recouvrir l’appartement. *** 

 *
La Suite dans la prochaine édition du FioulZine
*

* Silapse Le Snatch *